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Hydrogène vert, l’Or qui nous échappe

Un voisin proche vaut mieux qu’un parent éloigné”. Un adage qui sied parfaitement à la Tunisie si elle réussit à capitaliser sur sa position stratégique, sur son potentiel d’ensoleillement et aussi sur ses capacités à produire de l’hydrogène vert dont raffole l’Occident à l’heure de sa quête de décarbonation et  d’exploration d’énergie verte. 

 

Avec sa politique environnementale drastique comme stipulé dans ses engagements lors du COP 21 et 26 ainsi que ses besoins en énergie verte estimés à 40 Millions de tonnes par année d’ici 2050, l’Europe, avec sa proximité avec la Tunisie, est une opportunité   à saisir d’autant que nous disposons de 2 atouts Inestimables : la capacité à produire massivement de l’hydrogène vert avec notre ensoleillement et surtout l’exploitation du gazoduc reliant la Tunisie à l’autre rive de la méditerranée.  

 

A seulement une centaine de kilomètres des larges de la Tunisie, le tracé de la route de l’hydrogène vert est déjà dessiné avec ses points de déploiements, ses destinations et ses infrastructures mais il nous a manqué le volontarisme et l’intelligence pour capitaliser sur nos propres forces   pour faire de la Tunisie la plaque tournante de cette énergie verte qui ne nécessite que  du  soleil, du  vent , des ordures ménagères et de l’eau de mer pour sa production. Des ressources abondantes et gratuites dont regorge la Tunisie dont les acteurs des secteurs industriels et touristiques doivent se préparer à la décarbonnation et au respect de la charte environnementale s’ils veulent maintenir leurs exportations vers l’Europe et continuer à attirer les touristes de plus en plus exigeants en termes de respect de l’environnement.  

 

 

Mais hélas à défaut d’interlocuteurs fiables et de vision prospective la Tunisie est en train de perdre du terrain et l’Europe se tourne désormais vers d’autres pays pour investir dans l’hydrogène et se constituer ainsi une réserve énergétique suffisante. 

 

Avec des responsables englués dans une léthargie inexplicable et dans une inaction dommageable pour l’avenir de la Tunisie, plusieurs pays ont flairé cette opportunité en proposant à l’Europe leur potentiel d’ensoleillement pour produire cette énergie tant convoitée. De l’Afrique à l’Australie en passant par l’Amérique latine (Chili), c’est la ruée vers l’or vert qui se profile tant l’hydrogène est susceptible de répondre aux besoins et de générer des revenus.  

 

En plus du Sénégal, de la Libye et de la Namibie, c’est le Maroc, qui se présente en en précurseur avisé du grand Green Deal. Il aspire légitimement à être le fournisseur privilégié de l’ammoniaque verte pour l’Europe en investissant massivement dans la recherche et le développement des nouvelles énergies.  

 

Je n’ai jamais cessé de marteler sur la nécessité de capitaliser sur l’hydrogène vert et de notre positionnement stratégique et d’alerter sur les conséquences de l’inaction mais hélas mes doléances ne trouvaient pas écho auprès de nos responsables assourdis par des considérations politiciennes et par une incompétence criarde. 

 

Le tribunal de l’histoire rendra son jugement d’ici peu et si nos responsables veulent s’affranchir de ce crime contre les nouvelles générations, il est urgent qu’ils actionnent tous les leviers pour faire de la Tunisie un pôle de l’hydrogène vert grâce à son ensoleillement estimé à 300 jours par an ,  à sa proximité avec l’Europe et à ses infrastructures de gazoducs reliant les 2 rives de la méditerranée. 

Imed Derouiche 

Expert International en énergie